Jeudi 17 janvier 2008
Les journées de cette semaine se passent et j'ai l'impression d'être dans une autre dimension.
 
Je crois que j'aurais bien aimé pouvoir dire que j'ai complètement tourné la page, maintenant on a lancé le dossier d'adoption et fini le reste, mais en fait à cette période du cycle, il me revient une fois de plus les mêmes questions : c'est quoi ces trucs qui sortent de moi, et pourquoi, finalement, on n'a rien pu faire, rien pu tenter même contre ça ! Parce qu'au final si tu regardes, la seule chose concrète tentée, c'est deux mois de duphaston. Tout le reste c'est des examens, et des discussions pour dire rien et pour pas répondre à mes questions. Tu te rends compte !? Tous ces mois, tous ces examens, cette déprime, cette peine pour Ernest et moi, et l'action se résume à deux mois de duphaston.
  
Ce matin j'ai eu comme un immense regret tout d'un coup, pas de la pma, mais j'ai l'impression que tout est allé de travers, parce que j'ai pas rencontré les bonnes personnes au bon moment, que j'ai fait fausse route. Je me dis si j'étais restée avec la première gynéco j'aurais eu une stimulation simple, mais à ce moment là je n'en voulais pas. LA PMA c'était trop. Et maintenant qu'on a fait toutes ces analyses et qu'on est passé en PMA, tout le monde va nous dire ah ben oui faut faire des FIV, c'est comme si on était devenus des cas graves, par le simple fait d'avoir fait ce parcours, tu vois. Alors que c'est peut-être pas le cas, si tu y réfléchis rationnellement, c'est une succession de mauvais aiguillages, un peu comme si ça s'était emballé.
   
En fait je dis tout ça,  je ne reviens pas sur l'adoption, hein, l'idée d'avoir un enfant adopté me satisfait, c'est vraiment pas dans le sens "je préfère bio qu'adopté", c'est dans le sens je préfère dans neuf mois que dans cinq ans, et aussi j'aime pas les questions sans réponses.
 
J'ai pas envie de tout reprendre à zéro mais... Ptet que si en fait. Enfin je sais pas, je suis à moitié paumée. Quand je pense à tout ça j'ai envie de pleurer. Je me dis que je devrais peut-être en parler à mon médecin traitant, mais je pense qu'il bottera en touche, comme il l'a fait au début du parcours. Et je peux pas lui en vouloir, c'est bien d'avouer son incompétence.
  
Le deuxième choix c'est de prendre un RV pour aller voir une nouvelle gynéco, de toute façon il faudra bien que je finisse par m'en trouver une, et ça va bientôt faire deux ans que j'ai pas fait de frottis avec ces histoires. Mais j'ai pas d'adresse de bon gynéco et tout ça me fout des boutons, j'aurais aimé ne plus y penser. Et si je vais en voir un et que je lui dis que je reviens de l'hopital, ça sera tout de suite biaisé. D'un autre côté si je fais semblant de rien, ça peut durer longtemps et j'ai pas envie de refaire tous les examens.
   
Il y a la solution d'en reparler avec le médecin de l'hopital, je n'ai pas encore annulé le rendez-vous de suivi pour les piquouses qu'on n'a pas faites. Il avait l'air plutôt pas pour, mais d'un autre côté il nous avait aussi laissé le choix, alors peut-être que si je lui dis qu'on a peur, que c'est trop pour nous, il reverra les choses à la baisse... Mais je ne sais pas s'il ne va pas nous imposer un suivi écho même avec le simple clomid, mais limite une fois qu'on a l'ordonnance on peut skipper le suivi...
 
Il y a aussi la solution de se débrouiller tout seul. Parce que je n'ai personne en qui j'ai totalement confiance. J'ai constaté qu'on pouvait trouver des médocs sur Internet. Je sais ce que tu vas penser... c'est horrible, je suis désespérée, je perds la tête... Mais non, c'est pas ça, je suis démunie mais les médecins aussi, j'ai plus confiance en moi qu'en eux. Je ne le ferai pas sur un coup de tête sans réfléchir mais ça fait longtemps que j'y pense, je connais le mécanisme d'action, le protocole, les effets secondaires, les contre indications, j'ai fait les examens préliminaires nécessaires, ça me paraît pas forcément déraisonnable. Donc voilà, j'y réfléchis, à faire ce traitement simple, pour être sûrs de pas regretter, d'avoir essayé. Ya que le fait de voir que j'avais cette possibilité qui m'a calmée ce matin, mais j'ai encore une boule dans la gorge.
 
Parce que oui ya les side-trucs comme l'acupuncture mais là j'y crois déjà plus trop... Je vais continuer quand même mais bon... Faut que je continue à voir la psy je crois, la dernière séance a été inutile, mais il y a encore des choses qui ne vont pas, la preuve, des fois ça ressort par vagues comme ce matin. 
 
Je voudrais aller de l'avant, et je me retrouve sur les mêmes questions, ça me désole.
   
par Mitzie publié dans : Trop de questions
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Vendredi 11 janvier 2008
Rêver me manque un peu.

 
Concernant l'adoption, je me sens obligée de tenir mes rêves en laisse, pour ne pas être trop optimiste, m'attendre aux difficultés, ne pas tomber de haut, et aussi pour pas que ça parte en live pendant la longue attente qui ne fait que commencer.
Mes rêves de grossesse, même s'ils ne sont pas complètement éteints, s'éloignent de plus en plus, s'effilochent, et je n'y crois plus.
Ma santé va bien, je n'ai plus besoin de rêver que je suis bien. Mon physique me convient aussi, je n'ai pas de kilos à prendre ou à perdre, et je m'accomode de mes quelques disgracieusetés.
Mon travail ne me fait pas rêver. Les vacances non plus.
Mon Ernest est là et bien là dans le réel et mes petites rêveries érotiques me suffisent.
Je ne rêve pas à une maison avec jardin et piscine, j'aime notre petit nid, et toute perspective de bricolage ou de déménagement me fatigue d'avance.
J'ai tout ce que je pourrais souhaiter comme objets, et plus encore.
J'aime l'endroit où j'habite et ce que j'y fais.
 
En fait mon plus grand rêve du moment n'est pas très ambitieux : ce serait d'être virée et de pouvoir m'occuper de chats malheureux, en plus de jouer avec les miens, faire mes couses sans courir, faire des balades au lieu de rester assise sur une chaise, chanter, dessiner, faire des photos, écrire, enfin une vie de loisirs quoi. J'essaie de ne pas trop y penser, j'ai déjà assez de mal comme ça à travailler.
 
C'est triste ou c'est bien ?
Et est-ce que c'est triste de se demander si c'est triste ou bien de ne rien avoir à espérer ?
  
par Mitzie publié dans : Trop de questions
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Mardi 25 septembre 2007
Je me sens assez nulle au boulot ces derniers temps. Plusieurs de mes erreurs m'ont été remontées. Mon entretien d'évaluation m'avait déjà laissé un goût d'échec, j'ai cru avoir réussi à rectifier le tir mais je me traine toujours. Il m'arrive régulièrement de réaliser qu'il y a quelque chose que je fais mal depuis le début, et que personne n'a encore remarqué. Mes erreurs du début me poursuivent toujours (l'une d'elles ayant été de ne pas demander de l'aide suffisamment fort). Et puis je n'arrive pas à me discipliner et à me concentrer, je passe trop de temps sur internet. Je me sens très seule. Je suppose que tout cela est le lot commun des travailleurs.
 
C'est un échec parce que je me suis toujours sentie "intelligente", dans le sens "bonne à l'école". Or depuis que je suis entrée dans la vie active, on ne peut pas dire que je brille. J'ai déjà eu 3 boulots longs (6 mois à deux ans), un que j'ai quitté pour rejoindre Ernest sans en être fâchée, un où le contrat a été rompu par l'employeur (CNE, pas de justification à apporter mais elle m'a bien sapé le moral au passage), et le présent qui n'est pas très satisfaisant. Je me pose beaucoup de questions sur moi-même. Heureusement qu'Ernest est là, et qu'il est d'accord pour m'entretenir ce qui m'évite d'avoir une pression matérielle en plus.
 
Je me rends compte que mon échec au boulot est de mon fait - je ne dis pas de ma faute, mais de mon fait oui, parce que j'ai toutes les peines du monde à me motiver. Je n'ai pas envie de travailler. Du tout. Ca me gonfle. Ca me pèse. Et d'autant plus que nous avons toujours convenu avec Ernest qu'un de nous arrêterait de travailler quand on aurait des enfants, a priori moi pour le premier vu les circonstances, et puis moi je le voulais très fort et lui n'était pas sûr, même s'il aimerait bien avoir cette occasion un jour. Et comme ça ne vient pas, je me sens obligée de travailler. En espérant arrêter de toutes mes forces. Comme état d'esprit, c'est sûr, c'est pas génial...
 
Je pourrais arrêter de travailler quand même, mais j'ai peur du regard des autres, et surtout peur de moi-même, peur de déprimer, peur que tous mes beaux raisonnements ne soient qu'un prétexte à me laisser aller à la déprime. J'ai vu ma mère alterner les périodes de travail et les périodes de chômage, il me semble qu'elle a eu des épisodes de déprime dans les deux contextes. Qui l'ont décidée, à chaque fois, à retrouver un boulot, ou à quitter le sien devenu insupportable, selon le cas. Elle est incapable d'être heureuse au travail, incapable d'être heureuse sans travail. J'espère qu'elle trouvera son équilibre à la retraite... Et moi, est-ce que je suis condamnée à faire pareil ?
 
Il me semble que sans travail je ferais plein de choses, j'ai plein d'idées, je voudrais m'investir davantage dans des associations, je voudrais gérer mieux notre chez nous et nos petites affaires pour essayer de réduire nos charges (faire le tour des assureurs, banquiers, opérateurs de technologies avancées), je voudrais passer du temps à faire des choses de mes mains, je voudrais écrire, je voudrais nager, marcher, regarder des émissions intelligentes à la télé, voir mes amis, m'occuper de chats. Mais est-ce que j'en aurais vraiment la volonté ? Quand je n'ai pas de travail, je sais que je fais beaucoup plus de choses, mais je passe aussi beaucoup de temps à ne rien faire et à m'abrutir sur internet.
 
Enfin, et ça a peut-être l'air éloigné mais dans ma tête ça se rejoint, je suis très interpelée par tout ce que je lis sur l'instruction en famille. Pourquoi ? Je n'ai pas été malheureuse à l'école, j'ai toujours été bonne élève, eu des amies, j'ai fait des études longues. Comme tout cela ne m'a pas appris à être heureuse au travail, je me demande maintenant si ce n'est pas mieux de faire autrement. Mais si je ne sais pas m'aider moi-même, je doute de pouvoir aider mes hypothétiques futurs enfants de ce point de vue... n'est-ce pas encore une espèce de prétexte de ma part pour fuir l'investissement dans un travail en me disant que quand j'aurai des enfants je ne pourrai plus travailler pendant des années ?
   

 
    
Je ne suis pas tendre envers moi-même. Est-ce que je ne mélange pas un peu tout ? L'an dernier, au chomage 5 mois, j'allais prendre le thé deux fois par semaine avec un ami retraité, déjeuner avec une amie une fois par semaine, après moult enquêtes et lectures je me suis ouvert un plan d'assurance vie, j'ai bricolé, j'ai fait un bilan de compétences, j'ai fait la sieste presque tous les jours, j'ai bossé le chapitre un régulièrement, j'ai fait des balades, je suis allée à la bibliothèque, à la piscine, au tai chi deux fois par semaine au lieu d'une, j'ai commencé un projet associatif. J'ai aussi pas mal trainé sur des forums et déprimé. Mais ce n'est pas forcément lié ! Et puis je pourrais probablement apprendre à gérer cette addiction, avec un peu de temps.
 
Les jours d'optimisme je me dis que par deux fois j'ai retrouvé du boulot dans un contexte pas génial. Et je me suis adaptée, plus ou moins bien mais adaptée quand même. Si ça ne se passe pas génialement ce n'est pas forcément parce que je suis incapable de travailler (comme une cousine qui est de façon terrible l'exemple à ne pas suivre de toute la famille). Et si, tout simplement, aujourd'hui, cette année, il était plus agréable pour nous que je ne travaille pas ? Ce n'est pas une sentence à vie sans appel. Parfois je me dis qu'on n'a qu'une seule vie et que je suis bien con de faire autant de choses contre mon gré.
par Mitzie publié dans : Trop de questions
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Vendredi 31 août 2007
Rendez-vous en PMA lundi matin. Je me fais des films sans arrêt, par moments j'espère rencontrer une docteur idéale, gentille, une solution rapide, je me vois un gros ventre dans quelques mois, mais le plus souvent, j'imagine un dialogue de sourds, une incompréhension totale, un femme hautaine et sèche, des examens comme des épreuves. N'est-ce pas trop tôt ? Mettre un pied en PMA, ça me fait si peur. Je cherche à préparer les bons mots. Comment faire pour bien expliquer l'importance de ces saignements (pour moi, en tout cas), sans passer pour une folle, une chochotte ? J'ai peur de subir un tas d'examens (ça j'y suis prête), mais sans que rien soit trouvé, et qu'on nous propose une FIV dans trois mois, crac.
 
J'ai peur d'avoir ces caillots noirs qui sortent de moi toute ma vie, sans explication, et de finir par les haïr, par ne plus pouvoir les voir, par ne plus pouvoir utiliser cette partie de mon corps qui me trahit, de m'éloigner d'Ernest à cause de ça.
 
J'ai peur d'aller voir ce psy que des amis me recommandent et de le trouver décevant par rapport à tout le bien qu'on m'en a dit.
 
J'ai peur de ne plus être capable d'aller voir mes amis et ma famille à cause de tous ces bébés qui ne vont pas manquer d'arriver. Trois personnes de ma liste G sont en essais presque ostensiblement, et en parlent sans arrêt comme ça, comme si ça allait arriver dans deux mois, et ça sera sûrement le cas, et je leur souhaite, tout en étant jalouse. Ca me piquote aussi quand ma mère me rapporte leurs propos avec un si grand naturel. Elle n'a pas la moindre idée de ce qu'on souffre alors ? Ou bien elle essaie de me tendre des perches que je suis incapable de saisir, dans mon effort pour ne pas avoir l'air amère et jalouse ? Je lui en ai parlé quelques fois, de nos essais, de la déprime. Il y a presque un an maintenant. On n'en parle plus. Ni l'une ni l'autre n'avons su trouver les mots, apparemment. Par moments elle rejetait mes craintes, sans doute dans un effort pour me rassurer, et à d'autres elle me pressait d'aller consulter, dans un effort pour me donner du courage ?
Je n'en parle plus avec ma soeur non plus. Elle m'a fait comprendre que comme j'ai un mari, un chat et un appart, ça lui faisait mal que je me plaigne de ne pas avoir la cerise sur le gateau alors que son gateau vient de lui passer sous le nez. Je sens que tout le "retard" que je prend la rassure, en quelque sorte, compense le sien, et un jour on rattrapera toutes les deux et nos enfants pourront être des cousins du même âge. Je comprends ça, je réagirais exactement de la même façon.
 
Quand même, ça fait longtemps que je n'ai pas pleuré. Je suis plutôt un peu résignée. Minoute est adorable, on lui cherche une compagnie, parce qu'elle s'ennuie. Mais pas de chaton. Des fois je me dis que le fait qu'on préfère un adulte, parce qu'un chaton fait des bêtises, qu'on ne sait pas comment il va devenir plus tard, et tout ça, ça prouve qu'on n'est pas prêts pour avoir un enfant, pas prêts pour ces efforts, pour l'inconnu.
 
Pourquoi doit-on en passer par toutes ces questions ? Si j'étais tombée enceinte rapidement, comme toutes les autres, j'aurais fait les efforts, j'aurais affronté l'inconnu. Il y a quelques mois, je nous sentais si prêts, j'étais si sûre de moi, et puis maintenant ces questions viennent grignotter ma résolution, mes forces, mes idéaux. Est-ce qu'on s'est trompés ? De moment, de projet, de... personne ? Horribles pensées que je rejette de toutes mes forces.
 
Lâcher prise, oui, mais sans rien faire tomber au passage, ça serait pas mal.
 
Faut-il faire des efforts de visualisation, positiver, s'y voir déjà, faire la place au bébé à venir pour qu'il ait envie de venir ? Fichue idée que celle du troisième désir.
Faut-il arrêter d'y penser comme une obligation, se préparer à embrasser d'autres projets, pour que le renoncement éventuel ne nous tue pas ?
Arriver à faire les deux à la fois me paraît tenir de la prouesse, ou alors de la schizophrénie.
    

Elle est horrible cette photo, non ? Elle m'a tellement choquée que je l'ai mise.
   
par Mitzie publié dans : Trop de questions
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Mardi 5 juin 2007
Ne lisez pas ce post, il est méga chiant c'est seulement pour moi.
 
Tu comprends, je suis abattue quand je pense sentir que mes règles vont arriver.
Les cycles passent, je lis, je m'informe, je réfléchis, je positive, je me zénifie, je fais des choses, et rien ne change, aucune réponse, je ne sais toujours pas quoi penser, je ne comprends pas toujours pas mon corps. J'ai toujours les mêmes questions, toujours aucune réponse, et ça me lasse quelque peu. Personne ne semble comprendre tout ça finalement. Sur aucun autre sujet (à part peut-être la constitution européenne) je n'ai lu un tel pataquès d'informations qui disent tout et son contraire, sans être capable de différencier un tant soit peu le faux du vrai, si tant est que ça soit pertinent de présenter ça comme ça.
 
Alors déjà premièrement, mon symptôme ne trouve pas sa petite case. Forcément, ça n'aide pas.
 
On trouve les ménorragies, qui sont des règles trop importantes, les métrorragies, qui sont des saignements utérins aléatoires en dehors des règles, les dysménorrhées, qui sont des règles trop rapporchées, mais finalement rien de tout ça ne correspond exactement à mon cas.
On me dit des métrorragies, OK, mais pas aléatoires toujours exactement au même moment, de la même façon. Et abondantes, disons trop abondantes pour passer seulement pour du spotting, ça fait des grosses gouttes, mais on est loin de l'hémorragie quand même, je mets un protège slip par jour et encore c'est vraiment au cas où. Il me semble que ça devrait déjà éliminer un certain nombre de causes.
Ou alors on peut voir ça comme des saignements espacés de trois semaines, mais moi j'appelle pas ça des règles, même si je vois parfois du sang rouge au milieu du marron et du noir, c'est plus hétérogène, plus liquide mais avec plus de morceaux, ça ne "fait" pas pareil, il n'y a pas les autres symptômes, constipation, maux de tête, maux de ventre particuliers. Certains mois je vois clairement la différence entre ces saignements, à température haute, qui stoppent pendant deux ou trois jours, puis les règles en même temps que la température descend. D'autre mois c'est plus confus, plus "deux en un".
 
Et tout ça les soignants ne me le demandent pas. Je les "force" à entendre l'information, mais je vois bien qu'ils n'en font rien. Je reçois toujours les questions "petites cases" : "bon mais vous voyez des saignements rouges ? alors considérez que c'est le début des règles" ou bien "vous ne mettez pas de protection ? alors c'est du spotting ça compte pas". Je vois bien que ça énerve quand je dis que le premier jour des saignements rouges ce n'est pas forcément le début des règles chez moi. Que parfois c'est un peu difficile à voir sur le moment quand est-ce que mes règles commencent. On me dit "ah oui, oui, je comprends, bon, et ben vous commencez le jour des premiers saignements rouges alors" - merci ça m'aide beaucoup et vous avez une banane dans l'oreille ??
Je passe pour une têtue qui ne veut pas accepter ce qu'elle a / qu'elle n'a rien.
 
Pourtant si, c'est bien quelque chose, quelque chose d'anormal, que je n'avais pas avant, je le vois bien. Mais ce n'est pas des règles, ça commence en général le jour ou le lendemain de l'ovulation, ou au mieux 4 jours après, avec un pic après quelques jours qui correspond avec un jour de mauvaise humeur et de fatigue, puis ça diminue avant que les règles commencent. Parfois même j'ai un ou deux jours de répit entre les deux.
Je saigne bizarrement mais j'ai un cycle assez régulier quand même, et une courbe de température qui paraît honnête, avec une phase pré-ovu un peu longue mais des glaires normales, puis une phase lutéale un peu courte de 10 à 12 jours - mais rien de rhédibitoire semble-t-il.
Et tous mes examens jusque là sont OK.
 
Deuxièmement, je ne suis pas sûre que mon infertilité soit liée à ça.
 
Intuitivement ça me paraît logique, mais personne ne veut me le dire, en fait personne n'en sait rien. On me demande juste si j'ai bien des rapports sexuels avant l'ovulation, si je vois bien des glaires d'ovulation, oui, oui. Si on ne regarde que la courbe de tempé, elle a l'air fort honnête. Du coup chaque cycle j'espère un peu quand même. Et du coup bien sûr les autres problèmes pouvant mener à l'infertilité et pour lesquels je n'ai pas encore été testée ne sont pas exclus.
 
Voilà mes questions. Et je ne suis pas satisfaite des réponses qu'on m'a proposées.
 
Ce que j'ai du mal à accepter, c'est que les observations que je fais ne puissent pas entrer dans un diagnostic médical. Après faut pas s'étonner que j'aie du mal à croire en des traitements qui me sont donnés, et que je sois tentée de faire moi-même un diagnostic et de trouver mon propre traitement.
 
La deuxième chose que j'ai du mal à accepter, c'est qu'hors les hormones, point de salut. Un déséquilibre hormonal, je veux bien, mais POURQUOI ? Il y a bien une raison qui pourrait peut-être être corrigée plus directement ? Peut-être pas, mais c'est surtout que personne ne veut se donner la peine de chercher.
Et pourquoi cela arrive-t-il maintenant et pas avant ? Que s'est-til passé entre les deux ? J'ai pris la pilule 5 ans, mais bien sûr on me dit que ça n'a aucun rapport. Peut-être que ça n'a réellement aucun rapport, après tout 5 années se sont écoulées, enfin bientôt 7 maintenant, il s'en passe des choses. Mais là encore, la possibilité n'entre pas en compte dans un diagnostic ni dans un traitement, on me propose des hormones pour un problème qui a peut-être été causé par elles, sans questionner du tout ce choix, avec toutes les voix qui s'élèvent en ce moment contre les hormones de synthèse. Comment ne pas être sceptique ?
 
Peut-être qu'on médecin spécialiste en PMA qui a vu défiler des centaines de cas sera capable de relier le mien à un autre, et de me proposer un traitement dont je serai convaincue qu'il peut être efficace et pas trop nocif. Rien que d'écrire cette phrase je n'y crois pas une minute.
 
- Rappelle-toi Mitizie que si tu n'as pas avancé davantage c'est précisément pour cette raison. Tu n'étais pas prête à croire, tu ne l'es toujours pas, mais l'idée fera son chemin d'ici là. Ou pas.
- Oui, je ne veux pas être malade et me rendre davantage malade par les traitements. Je veux comprendre, je veux que tout rentre dans l'ordre, retrouver le chemin toute seule, ou avec une aide bienveillante - mais vite. A la fois je veux qu'on m'aide, et à la fois je refuse ce qu'on me propose. Je pense que je suis la pire patiente qu'un médecin puisse voir. Puis-je empêcher mon cerveau de penser, et d'exercer son esprit critique, pour une fois ? Ca serait tellement simple d'avoir la foi. Je vais finir par péter un plomb à être prise entre deux feux intérieurs.
- Eh bien c'est ce que tu es en train de tenter, laisse encore un peu de temps et arrête de t'arracher les cheveux. Il y autre chose d'intéressant à faire dans la vie que de tourner de tous les côtés une journée entière comme tu viens de le faire.
   

par Mitzie publié dans : Trop de questions
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