Je m'y attendais un peu mais ça ne fait pas moins mal.
Je m'y attendais, et pourtant je tourne et retourne les choses dans ma tête sans parvenir à me calmer. Je mets tout ici en vrac.
Ce cycle commencé par un rendez-vous stressant, dans la colère et le désarroi, puis nous a donné un résultat négatif pour le test de Hünher.
Le docteur du labo qui m'a fait le prélèvement du test de Hünher était bizarre mais gentil. Il m'a expliqué comment il faisait l'analyse, comment il déterminait le résultat, ce que ça pouvait signifier dans chacun des cas, insisté sur le fait qu'un résultat soit négatif peut vouloir dire plusieurs choses ; que ce n'était pas le bon jour, que pour une raison ou pour une autre ce cycle était mauvais, ou que nous avons un problème à ce niveau. Qu'il faudrait toujours garder espoir. Ca m'a bêtement fait du bien. Je me raccroche à ça.
Que ça me déprime et me fait honte de penser que tout l'amour qu'il y a entre Ernest et moi s'arrête peut-être à ça, à une glaire "hostile" de ma part, comme si notre amour n'arrivait pas à passer une barrière que mon corps met en place, idiot de voir ça comme ça, peut-être, mais symboliquement c'est plus signifiant que je ne l'avais pensé au départ, ça me fait mal.
J'ai lu les résultats du test de Hünher, mais je en suis pas en mesure d'en analyser tous les paramètres et je n'arrive pas à joindre les sage-femmes entre 14h et 15h, sachant que je me vois mal en discuter dans mon bureau devant mes collègues et que je ne peux pas m'absenter toutes les 3 minutes pendant une heure pour sortir, téléphoner, et tomber sur une sonnerie occupée à chaque fois. Ma parole c'est pire que la hotline de mon FAI ! Pourtant peut-être que le détail des résultats pourrait donner un indice pour savoir laquelle de mes trois hypothèses est la bonne. Tiens je pourrais peut-être appeler le docteur gentil du labo, peut-être qu'il me renseignerait.
Ce test est-il vraiment fiable ? Je dois dire que les conditions n'étaient pas idéales : d'abord la sage-femme a déduit d'une écho à J10 que l'ovulation serait à J14, ce qui paraît un peu raccourci à mon esprit logique, surtout que d'après moi ça n'arrive quasiment jamais, mais évidemment je me fie à la tempé et à la glaire, ce qui n'est absolument pas fiable d'après la gent médicale. Je pense qu'ils n'envisageront pas l'hypothèse que ce n'était pas le bon jour, mais moi je garderai le doute. Le follicule croît de 2 mm par jour OK, mais si chez moi c'était seulement 1.8 ? Si ça ralentissait sur la fin ? Si il était expulsé à 25 mm et pas à 21 ? Je n'en sais pas assez pour savoir si tout ceci est plausible, mais tout modèle en biologie me paraît forcément limité, je ne suis pas un coucou suisse. Comme par hasard, ce cycle-ci je n'ai pas réussi à bien déterminer mon ovulation. La température serait plutôt d'accord avec J14, mais le reste me donnerait plutôt J16. Peut-être que le cycle était vraiment mauvais, ce qui ne serait pas étonnant vu l'état de détresse dans lequel j'étais. Est-ce que j'aurai droit à une deuxième chance ? Je ne sais même pas si je le souhaite tant il est pénible d'avoir du sexe sur commande.
Mon premier réflexe lorsque j'ai reçu les résultats du test a été de chercher sur les forums pour des "remèdes de grand-mère". Lorsque la glaire est trop acide (ce qu'elle est, sans que je sache si c'est normal, car je crois comprendre que ça pourrait aussi signifier que ce n'était pas le bon jour), on peut boire de l'eau alcalinisante, ça peut aider. Bon ça c'est facile et ça mange pas de pain, je vais aller m'acheter quelques packs d'Hépar.
Je dois encore prendre trois rendez-vous pour les prochains examens. Je n'arrête pas d'oublier en alternance mon ordonnance ou mon portable, de sorte que je n'y suis pas encore arrivée.
J'ai peu apprécié le premier contact avec la docteur qui nous suit. Je me suis demandée si je ne demanderais pas à changer, vu qu'elle n'a passé que 10 minutes à regarder nos analyses, ça ne me paraît pas inenvisageable. En sachant qu'il y a peu de chances de tomber sur mieux, après tout elle fait son boulot. Enfin je crois. Et que je risque de me coller une réputation de pénible. Donc finalement non.
Pour mes deux échos j'ai été reçue par la sage-femme pas sympa. Non pas qu'elle soit méchante, mais elle n'invite pas à la confiance, et elle m'a donné un conseil erronné sans le vouloir, me disant que ma prise de sang devait être faite dans un labo où ils posent des cathéters sans me préciser pourquoi, et j'ai compris après que c'était pour le dosage de la prolactine, qui ne m'a pas été prescrit cette fois-ci, heureusement que je le sais sinon j'aurais du rappeler pour demander. Et puis je ne supporte pas qu'on me demande de mettre mes pieds sur les étriers 5 minutes avant de commencer l'examen proprement dit, ce n'est pas une position agréable et je n'aime pas la garder "pour rien". Et puis elle me demande de me rhabiller sans me laisser la possibilité de m'essuyer de tout le lubrifiant qu'elle a utilisé, et après je suis toute mouillée, ça paraît crétin mais ce sont ces petites choses qui rendent tout cela difficile.
Si nous avons vraiment un problème, on nous proposera certainement une IAC. Mais je n'en veux pas, pas tant que je n'ai pas compris clairement ce qu'on y gagnerait. Ce test ne montre qu'un symptôme. Tout est lié là-dedans. Si la glaire n'est pas bonne, c'est peut-être la conséquence d'un autre problème, ce n'est pas forcément le fait de passer outre la glaire qui va m'aider. Et puis les stimulations ovariennes me font peur. Et puis la deuxième partie du cycle n'est jamais abordée. Or peut-être que ça n'a aucune importance, ces saignements. Je ne suis pas obtuse, je peux comprendre une explication avec un peu de biologie, et je peux aussi comprendre une remarque empirique du type "nous avons constaté que les femmes qui présentent des saignements même importants en deuxième partie de cycle n'ont pas plus de mal à concevoir que les autres". Tant qu'on refusera de me dire ça, je ne serai pas tranquille. A quoi sert de zapper l'étape A si la E est en panne de toute façon ? Et pourquoi je pense déjà à ça alors que je n'ai pas fini les examens et que je n'en sais rien ?
Pour l'instant à chaque fois que j'ai eu un rendez-vous, je suis arrivée en retard au boulot, après avoir dû me lever aux aurores. C'est de plus en plus une certitude, je serai incapable de faire un parcours de soin en travaillant. Trop dur à digérer, trop dur de pleurer dans les toilettes du boulot en arrivant.
Et j'en reviens à l'envie et à la motivation. Je crains d'être trop en colère pour que tout ceci soit efficace. Je me surprends à penser que je ne veux pas d'une grossesse dans ces conditions. Que je suis déjà en colère contre le bébé qui ne vient pas, et qu'être en colère contre un bébé qui viendrait mais m'aurait forcé à subir tout ça serait pire que tout. A certains moments je ne sais même pas pourquoi j'ai entamé ce parcours, sinon pour avoir la consicence tranquille, ce qui est crétin.
Sur toutes les ordonnances il y a un numéro de psychologue, ça me démange un peu de l'appeler, est-ce que ça va être une personne de plus qui va essayer de me faire rentrer dans le droit chemin, ou est-ce qu'elle pourrait éventuellement intervenir auprès de l'équipe médicale pour qu'ils me donnent plus d'explications, si elle voit que j'en ai cruellement besoin ?
Pour finir sur une note positive, je suis très fière d'Ernest et moi, car notre premier rapport "programmé" n'a pas été franchement agréable, alors pour les deux suivants nous avons décidé de prendre les choses en main, nous avons fait des efforts, bougies, musique, film, et ça a été... très bien... même si on était très fatigués le lendemain ! On s'est dit qu'on devrait faire ça plus souvent en dehors de tout test... comme quoi à quelque chose malheur est bon !