Lundi 11 février 2008
On était les moins avancés dans la procédure dans la salle (sur une quarantaine de personnes) ; bêtement on en a été un peu fiers. On était un peu émus et contents d'être là. En fait ces réunions ne nous sont pas d'une utilité immédiate, puisque d'une part on est très bien informés par d'autres biais, et d'autre part on ne peut rien faire de concret pour le moment. Mais on aime les avoir dans notre agenda, ça rythme un peu l'attente, pour nous ça "marque" le fait qu'on s'est lancé dans cette démarche, on s'affiche comme postulants à l'adoption.
 
La réunion en elle-même était sympa, sans plus. Nous avons été un peu surpris par la revendicativité d'une bonne partie des participants. Plusieurs personnes ont râlé que ça faisait x mois qu'ils avaient déposé leur dossier et toujours rien, pas d'appel du conseil général, que ce n'était pas correct. J'ai cru rassurer tout le monde et couper court à la discussion en disant qu'on nous avait annoncé 15 mois avant le 1er coup de fil (sous-entendu qu'ils avaient de la chance, car personne présent n'avait patienté aussi longtemps et de loin). Malheur ! ça a déclenché un haro de protestations contre le conseil général, l'état et les administrations en général, et que c'était un scandale et blablabla.
 
Evidemment je suis bien d'accord que c'est trop long, mais on a eu le temps de digérer la nouvelle, et de toute façon on n'y peut rien, pourquoi épiloguer là-dessus pendant une demi-heure ?
 
A plusieurs autres reprises dans la discussion, des plaintes généralisées sur l'attente, la lourdeur et l'exigence de la procédure d'adoption, tempérée heureusement par quelques personnes. On fait tout ce qu'on peut pour prévoir et accepter d'ores et déjà cette attente, si on bute dessus ça va être encore plus dur que nécessaire. Alors autant que ça ne soit pas mis en exergue à tout bout de champ...
 
D'autres personnes ont râlé contre les entretiens, qui les forçaient à se remettre en question, une qui avait 41 ans râlait qu'on lui dise de réfléchir à adopter un enfant de plus de deux ans, l'autre râlait qu'on lui pose une question du style "qu'allez-vous dire à votre enfant quand vous le rencontrerez la première fois", pourtant pas la plus piège que j'ai entendu, une autre disait quelle avait choisi de ne pas se documenter avant les entretiens et était étonnée que ça lui soit reproché...
 
Heureusement des personnes sont intervenues pour dire que ces entretiens poussés étaient une chose positive que tout le monde n'a pas la chance d'avoir, que cette réflexion était très importante, qu'il fallait prendre le temps, qu'il fallait bien que les AS et les psy posent des questions concrètes pour mettre les gens à l'épreuve, savoir si on avait réfléchi de façon concrète, il ne suffit pas de dire ni même de penser "oui on veut un enfant et on l'aimera beaucoup beaucoup"...
 
Enfin voilà, beaucoup d'ondes négatives, et beaucoup de questions de forme, alors que je m'attendais à des débats de fond, sur l'accueil d'un enfant dans son altérité, sur la façon de le gérer par rapport à l'entourage, que dire, que taire, voire même sur la pertinence de l'adoption, vu que ça fait question dans le monde de l'adoption ces temps-ci... Bref j'ai trouvé que la discussion est restée assez superficielle et axée procédure, et j'ai été étonnée de voir comme une partie des gens (pas la majorité quand même) étaient mal informés, confondaient OAA et AFA, ne connaissaient pas bien les procédures... Merci Internet...
 
Petite anecdote un peu triste pour finir : on s'était préparé à trouver à cette réunion des gens qu'on connaît, et ça n'a pas loupé. Sauf que la personne, elle, n'était visiblement pas du tout préparée, et que notre bonjour avec grand sourire l'a horriblement gênée. Elle est d'ailleurs partie en courant à la fin sans attendre le pot. Dommage, ça nous aurait fait quelqu'un à qui en parler... par la suite on n'a pas réussi à s'introduire dans une discussion, alors on s'est éclipsés. La prochaine fois ça sera probablement plus facile.
   
par Mitzie publié dans : Adoption
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Vendredi 1 février 2008
Bientôt avec Ernest nous allons à une réunion efa (enfance et familles d'adoption). Il me tarde !
Bien sûr, j'ai déjà pas mal cogité et lu sur l'adoption. Enfin, je lance des réflexions sans chercher à déterminer quoi que ce soit de définitif, puisque de toute façon rien ne peut avancer pour le moment.
 
Avec Ernest pour le moment nous n'avons pas de préférence d'origine, mais nous sommes très peu renseignés sur les pays. Pour l'âge, chaque âge a ses avantages et ses inconvénients. Bien sûr un petit peut paraître plus malléable, mais les études montrent qu'un enfant adopté sans avoir pu le parler et le comprendre peut trouver cela très difficile, alors qu'un plus grand qui était bien briefé sur la question peut le vivre très bien malgré l'apprentissage d'une nouvelle langue, etc. Je ne sais pas si on peut connaître, dans une certaine mesure, la façon dont les enfants sont préparés à l'adoption, mais vu d'ici et maintenant ça me paraît très important.
 
Je n'ai pas une envie débordante de pouponner et ni les couches ni les biberons ni les poussettes ne me transcendent. Ernest non plus on dirait. Donc pour l'instant on est tenté de dire que ce serait ok jusqu'à 6 ans. Presque même je pencherais plus pour un grand, je me visualise aussi bien avec un grand qu'un petit en fait.
 
Plusieurs aspects me font peur, j'en parle en vrac ici, ça me permettra de revenir faire le point de temps en temps.
 
En premier, le contact physique, qu'un grand ne recherche peut-être pas (je sais pas trop ; c'est calin un enfant de 5 ou 6 ans ? ça prend sa douche tout seul ?) et que j'ai donc peut de ne pas savoir établir du tout, vu que si on est deux à être godiches sur le sujet... mais bon ya Ernest... et puis les chats n'ont pas l'air de me trouver godiche, peut-être que je saurai...
 
En deuxième, c'est la gestion de l'instruction. Quand j'entends mes collègues expliquer les efforts qu'ils sont obligés de faire dès le CP pour que leurs enfants réussissent, les heures passées à faire les devoirs, etc., ça me gooonfle, mais d'une force... J'ai une dent contre l'école, je trouve la plupart des apprentissages crétins et inutiles et je ne suis pas persuadée que je saurai ravaler mes critiques et me mettre du côté de la maîtresse pour que l'enfant ne soit pas trop perdu.
Ca aurait été pareil pour un enfant biologique d'ailleurs, j'avais déjà prévenu Ernest que les devoirs, ce serait pour lui, même si je dois me coltiner le repassage et le nettoyage jusqu'à la fin de mes jours en échange. J'ai peur de ne pas avoir la patience aussi, j'ai le cerveau qui va vite, et ça ne sera peut-être pas le cas de mes enfants.
 
Et même pour une grand je trouve ça super dur de ne le voir que quelques heures par jour, à peine après son arrivée. On attend un enfant, on l'accueille, et zou quelques semaines après, alors qu'on ne le connaît pas encore bien, qu'on ne connaît pas ses réactions, ses peurs, ses goûts, qu'on n'est pas totalement à l'aise avec lui, on le colle à l'école et on ne le voit plus ! (Ici les parents vont probablement me dire que les quelques heures du soir sont suffisamment éprouvantes pour qu'on ait pas envie d'en faire plus :-) mais 1 - je suis naive et 2 - dans le cas d'une adoption l'enfant il vient juste d'arriver alors je trouve que c'est pas beaucoup). On doit avoir l'impression que la maîtresse le connaît mieux que soi, c'est horrible. Et puis s'il y a le moindre problème, genre, je sais pas, il fait des crises, il a des manies, on doit pas savoir expliquer, on ne doit avoir que des hypothèses, et là on doit avoir l'air de parents indignes et dépourvus.
 
En troisième, beaucoup de ces enfants grands ont vécu en collectivité, dans des pays chauds et gais, et je peux imaginer qu'en arrivant ici, en se retrouvant en cercle fermé avec deux adultes calmes et deux chats, dans un appartement silencieux, dans la grisaille et le froid, ça doit être un choc assez violent, et l'enfant peut faire une dépression... Des fois je me dis que je saurais chanter, jouer, animer tout ça, mais en réalité je vois bien que j'y arrive un petit moment puis que j'ai besoin de retrouver ma bulle ; on peut pas dire qu'on est des gens expansifs ni festifs par nature ; on vit pas mal dans le lecture et le slience, surtout après le boulot, le week-end encore ça va c'est plus animé. Ca on gagnerait à le travailler un peu rien que pour nous deux remarque !
 
En écrivant comme ça tout d'un coup je me rends compte qu'on n'est probablement pas les candidats idéaux pour adopter un grand. Mais pour un petit c'est l'absence de communication verbale qui me gêne, la notion qu'il n'a pas pu donner son avis, ni comprendre ce qui allait lui arriver...
 
Eh ben yen a des choses à réfléchir je vous dis pas l'ampleur du chantier !! :-)
    
 
    
par Mitzie publié dans : Adoption
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Lundi 31 décembre 2007
Aujourd'hui, 31 décembre 2007, Ernest a mis à la poste notre dossier de demande d'agrément pour l'adoption d'un enfant. Pour fêter ça j'inaugure une nouvelle catégorie sur ce blog.
 
C'était le premier batch d'une très longue série de paperasses inutiles, mal foutues et pénibles. Mais c'est fait. Le premier pas est fait.
 
Si tout se passe comme prévu, nous devrions recevoir l'accusé de réception de ce dossier dans quelques jours ou semaines, puis ce sera la première attente, celle du coup de fil du service adoption pour prendre rendez-vous avec l'assistante sociale et la psychologue. En principe ce coup de fil devrait arriver en mai-juin 2009, et avec de la chance, nous aurons l'agrément début 2010. Un an et demi sans qu'il se passe rien. C'est comme ça. J'y pense pas mal, mais ça reste lointain. Qui sait ce qui va se passer d'ici là dans le monde de l'adoption ?
 
J'ai été agréablement impressionnée par la motivation d'Ernest pour l'adoption. Nous ne parlons plus de stimulation. Je crois que nous avons complètement laissé tomber. Faudra quand même que je pense à annuler le rendez-vous par politesse, mais j'attends pour être bien sûre qu'il n'aura pas de regrets. Moi je n'en aurai pas.
    
par Mitzie publié dans : Adoption
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Mercredi 25 juillet 2007
A présent il me tarde le rendez-vous de septembre, mais ce n'est même plus pour l'infertilité ; je crains pour ma santé. Ces saignements de deuxième partie de cycle qui empirent et deviennent de gros caillots noirs ne laissent rien présager de bon... Arf, au moins, si les symptômes deviennent plus francs, ça sera probablement plus facile à diagnostiquer.
Quant à tomber enceinte sans aide, soyons honnête, ce n'est plus d'actualité.
 
J'ai du mal à me visualiser enceinte ces derniers temps.
Peut-être parce que nous avons beaucoup parlé et réfléchi à l'adoption. Je vois bien qu'Ernest n'est pas prêt, moi non plus d'ailleurs, on en avait déjà parlé. Mais j'ai ramené le sujet sur le tapis parce que ça ne se réfléchit pas du jour au lendemain, et comme la procédure dure des années autant commencer aussi tôt que possible si jamais la médecine ne nous propose pas de solution. J'espère que ça lui trotte dans la tête au moins un peu. Déjà il est plutôt ouvert à l'idée, donc c'est bien. Mais il trouve que c'est trop tôt et il n'a pas l'habitude, contrairement à moi, de réfléchir aux problèmes avant qu'ils se présentent.
 
Pour moi ce n'est pas du défaitisme ni un abandon, c'est aller de l'avant, c'est s'ouvrir des portes.
   

   
Je n'ai pas envie de sortir usée de cette aventure, et d'arriver à l'adoption totalement par défaut. Même si bien sûr ça ne me serait pas venu à l'idée si j'étais tombée enceinte rapidement, je voudrais prendre cette décision dans l'enthousiasme, et pas dans le rush d'un ultime (dés)espoir. Il faut garder des forces pour cette aventure, pour tenir sans trop s'attarder aux difficultés et aux questions existentielles qu'un tel parcours implique.
 
Je souhaite qu'en septembre on me trouve rapidement un petit kyste mal placé, qu'on me l'enlève, que mes cycles redeviennent normaux et que je tombe enceinte deux mois après.
Mais si ça ne se produit pas comme ça, je ne voudrais pas me battre comme le font certaines. Ernest le sait, et il est d'accord sur le principe. J'espère que ça sera aussi facile à trancher quand on passera à la pratique. J'espère qu'on ne restera pas trop dans le flou. C'est tellement plus confortable d'avoir un but qu'on sait qu'on peut atteindre.
   
par Mitzie publié dans : Adoption
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