Mercredi 2 janvier 2008
Je suis arrivée au bout de mes cailloux. J'ai écrit tous les derniers d'une traite, en plaçant les souvenirs au fur et à mesure qu'ils me venaient.
 
En finissant pas plus qu'en commençant je ne sais si ça m'a apporté quelque chose.
Il y en a certains que j'aime beaucoup, qui m'ont demandé réflexion et que j'ai pris plaisir à écrire, pour les autres c'était plus une gymnastique.
 
C'est bizarre je les trouve très tristes dans l'ensemble, comme si j'avais inconsciemment choisi de ne faire ressortir que le négatif, alors que j'ai eu une vie plutôt calme et heureuse dans l'ensemble.
 
Peut-être que je pourrais repartir dans l'autre sens en m'efforçant de faire ressortir le positif. Je ne sais pas encore si j'en ai envie.
 
Quelque chose m'interpelle : j'ai lancé des cailloux jusqu'à arriver à moi bébé, il se trouve qu'en parallèle je traine une maladie... de bébé. Enfin une maladie que n'importe qui peut avoir mais qu'on trouve surtout chez les bébés. Coïncidence... ?
   
par Mitzie publié dans : Cailloux
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Lundi 31 décembre 2007
Ma mère tombe enceinte en début d'année, après avoir pris soin de laisser passer plusieurs mois d'abstinence après l'arrêt de la pilule, pour que tout se remette bien.
  
Dans les dernières semaines, elle mange des kilos de raisin, et maintenant j'adore ça.
  
Pour l'accouchement, elle arrive dans la nuit à la materinté. On dit à mon père qu'il peut aller travailler car ça ne va pas arriver tout de suite. Ma mère est seule et entend une femme qui hurle à la mort, personne ne l'aide ni ne vient la voir. Quand le moment approche, on rappelle mon père, il revient et on lui colle une blouse sur le dos sans qu'il prenne le temps d'enlever sa veste de costume. Il manque de tomber dans les pommes en salle d'accouchement, on le fait sortir et ma mère ne le reverra que bien plus tard avec moi dans les bras.
  
La sage-femme est très gentille, ma mère souffre beaucoup je crois, bien qu'elle ne se plaint pas, mais elle ne s'attendait pas à souffrir autant. Quand je sors je suis toute bleue, j'ai le cordon autour du cou, je pars tout de suite en réanimation. Ma mère ne se rend pas du tout compte alors de la gravité de la chose, elle est trop à l'ouest. On me ramène toute propre et habillée. Pour ma soeur, qui était pourtant prématurée, on lui collera le bébé tout dégoulinant sur le ventre et ça la dégoûte, berk.
  
C'est mon père qui choisit mon prénom, ma mère savait seulement qu'elle voulait un garçon, et qu'alors je me serais appelée Pierre. Elle a l'air quand même contente sur les photos.
  
A l'époque ma marraine habite pas loin, ils viennent me voir à la maternité. Mon cousin, unique enfant de la famille à ce moment là, est ravi d'avoir une cousine. Il saute partout.
  
par Mitzie publié dans : Cailloux
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Lundi 31 décembre 2007
Une fois ma naissance passée, les grands-mères parties, ma mère se retrouve seule avec moi, elle pensait retourner travailler mais finalement elle n'y arrive pas, je suis si petite ! Elle m'emmène au parc faire une grande balade dans la poussette tous les jours ; quelques années plus tard on y nourrira les pigeons avec un peu de maïs des poules pris chez mamie.
  
Elle m'a dit qu'elle ne savait pas quoi me raconter alors elle me lisait un gros livre des fables de la fontaine. Quand je ne voulais pas dormir, il fallait me bercer pendant des heures ou bien faire le tour du pâté de maison en voiture.
  
par Mitzie publié dans : Cailloux
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Lundi 31 décembre 2007
Sur les photos je porte des robes et mon père s'occupe beaucoup de moi. Il me lit des histoires et me fait écouter de la musique. Il rabâche et rerabâche les mêmes histoires, et m'apprend les lettres avec des cubes en bois qu'il a pyrogravés lui-même.
   
par Mitzie publié dans : Cailloux
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Lundi 31 décembre 2007
Ma petite soeur nait, je n'ai pas encore trois ans. C'est mon plus ancien souvenir conscient et non rappelé par une photo ou un récit : ma mère est dans un lit d'hopital, avec son plateau repas, elle a l'air contente de me voir. Je grimpe sur son lit, et lui prend sa vache kiri. Mon père me gronde, elle n'a déjà pas grand chose à manger, je dois lui laisser sa vache kiri, et puis j'ai déjà mangé. Stupeur : c'est ma maman, elle me donne tout ma maman, comment pourrait-il en être autrement ? Effectivement, elle me la laisse, disant qu'elle n'a pas faim, ouf.
 
Point de petite soeur dans ce souvenir ; bien que sa naissance m'ait marquée, elle ne devait pas être très intéressante...
   
par Mitzie publié dans : Cailloux
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