Mardi 4 septembre 2007
Comme je déteste chaque pas de ce parcours.
 
Je ne me reconnais plus dans cette colère, ce refus, je me débats dans ma tête comme un beau diable, moi qui me croyais gentille, trop même, influençable, je n'arrive pas à faire confiance, à accepter.
 
Le contraste entre la banalité des situations pour ceux qui nous reçoivent et notre émotion rend tout difficile.
 
Levés plutôt qu'à lordinaire, stressés comme avant un oral, les nerfs à vif, les intestins en vrac, nous on a l'impression de jouer notre vie, notre futur sur les mots qu'on va entendre dans ce haut lieu de la science. Je sais pas vous mais je ne vais pas tous les deux jours à l'hopital. C'est dans un endroit de la ville qu'on ne connait pas, il faut se garer, aller à l'accueil, répondre aux questions, prendre un ticket, trouver l'ascenceur, l'étage, le couloir, la salle d'attente, les toilettes (stressés on a dit). On regarde les gens passer. Oh, la femme d'un collègue... ça va pas rester longtemps confidentiel cette histoire, il y a tant de monde.
 
On ne sait pas si on attend au bon endroit, personne ne semble nous voir. On attend une petite demi-heure, c'est la rentrée, premier rendez-vous de la journée, chacun se remet dans le bain. Elle a l'air sympa, pourvu que ce soit elle... oh non pas elle, elle me plaît pas... et celui-là, je me demande si c'est un docteur, il a l'air bien jeune... Une sage-femme nous demande ce qu'on vient faire, et nous confirme qu'on est où il faut, qu'on va venir nous appeler. Quelques minutes après une autre passe, me demande "Vous avez déjà fait votre prise de sang ?" "Euuuh" "On n'est pas concernés" répond Ernest fermement.
 
Une fois appelés et entrés, un tout petit bureau, et juste à côté un fauteuil avec étrier, ça me déstabilise un peu. Sûrement que ça ne va pas me servir aujourd'hui ? Nooon.
 
Pas de présentation, pas de mise en jambe.
 
Un coup d'oeil à notre dossier si soigneusement préparé la veille. Les résultats labo sont recopiés, je remarque que les courbes de température sont directement écartées.
 
Des questions répondues cent fois, toujours avec les mêmes hésitations. "Vous avez déjà été malade ?" "Des problèmes de santé dans votre famille". Que faut-il mentionner ou pas ? Si on répond à mauvais escient, une petite blague nous fait comprendre que ce renseignement ne servait à rien, nous rappelant au passage qu'on ne comprend rien, que c'est le médecin qui doit s'efforcer de nous soutirer des informations utiles.
 
Pas de diagnostic, mais des remarques étonnantes, qu'elle ne réalise pas que je vais retourner mille fois dans ma tête d'ici le prochain rendez-vous. "Vous ovulez bien mais vos ovaires semblent un petit peu fainéants" (euuh)  "Il semble que votre stock d'ovules soit un petit peu diminué" (Il diminue chaque mois, mais j'imagine que "un petit peu diminué" signifie ici "trop diminué" ? à 27 ans ??)
 
Je n'ai pas la présence d'esprit de demander des explications plus précises sur tout ça, mais je pose les questions que j'avais préparées.
Elles resteront sans réponse, malgré mes efforts pour les ramener sur le tapis sous différentes formes, mais je ne suis jamais assez directe, jamais assez pénible.
Les saignements ? C'est hormonal, ça n'a rien à voir, c'est pas grave. (?)
J'essaie de donner rapidement plus d'informations dessus, pour qu'elle se rende compte, peut-être qu'elle croit que ce n'est que du spotting qui dure 3 jours, mais visiblement ça ne change rien. J'insiste, ça m'inquiète, vous pensez que ce n'est pas lié aux problèmes de fertilité ? Parce que bon, c'est pas glamour, et ça dure la moitié du cycle, j'insiste encore pour faire comprendre que ce sont des saignements assez importants, enfin je trouve.
Elle semble se raviser, me signe une ordonnance sans rien dire.
Je la prends sans comprendre. Puis tilt.
"Mais vous pensez que ça n'a rien à voir avec la fertilité, vous me donnez ça pour mon confort ?"
Air étonné de sa part "Oui, c'est vrai que ce n'est pas très agréable", elle pense me faire une fleur sans doute.
 
Et voilà, j'ai réussi à passer pour une chochotte. Hors de question que je prenne des hormones de "confort" ! Je jette un oeil à l'ordonnance, choc, du Lutényl, c'est ce que ma mère prend pour atténuer les effets de sa ménopause.
 
Je n'ai pas le temps de réagir que j'ai trois autres ordonnances entre les mains. Une prise de sang, un suivi d'ovulation, une hystéro-salpingographie, je m'y attendais, je connais tout ça. Mais je refuse de me lever tant que je n'ai pas tout bien compris. "C'est quoi ? Ca se fait où ? Il faut que je prenne rendez-vous ?"
Encore un air un peu étonné de devoir expliquer les évidences "Pour la prise de sang, dans un labo, pour le suivi, c'est ici, appelez les sage-femmes entre 14h et 15h, pour la radio, dans un cabinet de radiologie" "Je n'en connais pas, vous pouvez m'en indiquer un ?" Air offusqué "Non. Je n'en ai pas le droit. Prenez n'importe lequel". "Ici ?" haussement d'épaules "Si vous voulez."
 
"Reprenez rendez-vous avec moi, vous aurez un rendez-vous dans deux mois, entre temps faites bien tout ça, et là on verra si on peut vous proposer quelque chose".
 
On se retrouve dehors un peu absaourdis. Ca a bien duré 20 ou 30 minutes quand même, mais je n'ai rien vu passer. La sage-femme gentille qui nous avait parlé tout à l'heure nous demande si on a tout bien compris, nous dit de ne pas hésiter à rappeler pour poser des questions. Reconnaissante, je lui dis oui, je le ferai, d'ailleurs je dois rappeler à 14h pour prendre un rendez-vous avec vous. Elle me propose d'un air enjoué de le faire tout de suite. Vous en êtes à combien ? Rendez-vous demain vessie vide, pour l'écho de base.
 
Et voilà. On se retrouve dans la voiture, on ne sait pas trop quoi dire, Ernest sent ma déception, il est déçu, désolé de n'avoir pas su intervenir pour m'aider à obtenir les infos, me promet qu'il fera mieux la prochaine fois. Je ne veux pas pleurer, il doit maintenant aller au boulot, il est 10h, il est en retard, pas de café avec ses collègues, il va falloir qu'il arrive à se plonger directement dans le travail. Il me laisse rentrer à pied pour partir au boulot, et je laisse enfin couler mes larmes.
 
Un pas, on n'a fait qu'un pas, en se tenant très fort la main, mais aussi instables l'un que l'autre, et déjà je nous sens vaciller. On aurait tant aimé un mot d'espoir, un signe qui montre qu'elle sait ce qu'on vit, et ce que ça représente pour nous devenir la voir, mais c'est un médecin, c'est son métier qu'elle fait, on ne peut pas exiger d'elle plus que ça. Je dois faire confiance. Qu'importent les mots, je me répète, l'essentiel c'est que les examens vont être faits.
 
Mais comment faire confiance sans comprendre ?
 
Je comprends maintenant tous ces blogs qui détaillent les rendez-vous, les traitements. Ecrire pour digérer... je sens que je n'ai pas fini de gratter mon clavier.
  
par Mitzie publié dans : Médecine
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Vendredi 31 août 2007
Rendez-vous en PMA lundi matin. Je me fais des films sans arrêt, par moments j'espère rencontrer une docteur idéale, gentille, une solution rapide, je me vois un gros ventre dans quelques mois, mais le plus souvent, j'imagine un dialogue de sourds, une incompréhension totale, un femme hautaine et sèche, des examens comme des épreuves. N'est-ce pas trop tôt ? Mettre un pied en PMA, ça me fait si peur. Je cherche à préparer les bons mots. Comment faire pour bien expliquer l'importance de ces saignements (pour moi, en tout cas), sans passer pour une folle, une chochotte ? J'ai peur de subir un tas d'examens (ça j'y suis prête), mais sans que rien soit trouvé, et qu'on nous propose une FIV dans trois mois, crac.
 
J'ai peur d'avoir ces caillots noirs qui sortent de moi toute ma vie, sans explication, et de finir par les haïr, par ne plus pouvoir les voir, par ne plus pouvoir utiliser cette partie de mon corps qui me trahit, de m'éloigner d'Ernest à cause de ça.
 
J'ai peur d'aller voir ce psy que des amis me recommandent et de le trouver décevant par rapport à tout le bien qu'on m'en a dit.
 
J'ai peur de ne plus être capable d'aller voir mes amis et ma famille à cause de tous ces bébés qui ne vont pas manquer d'arriver. Trois personnes de ma liste G sont en essais presque ostensiblement, et en parlent sans arrêt comme ça, comme si ça allait arriver dans deux mois, et ça sera sûrement le cas, et je leur souhaite, tout en étant jalouse. Ca me piquote aussi quand ma mère me rapporte leurs propos avec un si grand naturel. Elle n'a pas la moindre idée de ce qu'on souffre alors ? Ou bien elle essaie de me tendre des perches que je suis incapable de saisir, dans mon effort pour ne pas avoir l'air amère et jalouse ? Je lui en ai parlé quelques fois, de nos essais, de la déprime. Il y a presque un an maintenant. On n'en parle plus. Ni l'une ni l'autre n'avons su trouver les mots, apparemment. Par moments elle rejetait mes craintes, sans doute dans un effort pour me rassurer, et à d'autres elle me pressait d'aller consulter, dans un effort pour me donner du courage ?
Je n'en parle plus avec ma soeur non plus. Elle m'a fait comprendre que comme j'ai un mari, un chat et un appart, ça lui faisait mal que je me plaigne de ne pas avoir la cerise sur le gateau alors que son gateau vient de lui passer sous le nez. Je sens que tout le "retard" que je prend la rassure, en quelque sorte, compense le sien, et un jour on rattrapera toutes les deux et nos enfants pourront être des cousins du même âge. Je comprends ça, je réagirais exactement de la même façon.
 
Quand même, ça fait longtemps que je n'ai pas pleuré. Je suis plutôt un peu résignée. Minoute est adorable, on lui cherche une compagnie, parce qu'elle s'ennuie. Mais pas de chaton. Des fois je me dis que le fait qu'on préfère un adulte, parce qu'un chaton fait des bêtises, qu'on ne sait pas comment il va devenir plus tard, et tout ça, ça prouve qu'on n'est pas prêts pour avoir un enfant, pas prêts pour ces efforts, pour l'inconnu.
 
Pourquoi doit-on en passer par toutes ces questions ? Si j'étais tombée enceinte rapidement, comme toutes les autres, j'aurais fait les efforts, j'aurais affronté l'inconnu. Il y a quelques mois, je nous sentais si prêts, j'étais si sûre de moi, et puis maintenant ces questions viennent grignotter ma résolution, mes forces, mes idéaux. Est-ce qu'on s'est trompés ? De moment, de projet, de... personne ? Horribles pensées que je rejette de toutes mes forces.
 
Lâcher prise, oui, mais sans rien faire tomber au passage, ça serait pas mal.
 
Faut-il faire des efforts de visualisation, positiver, s'y voir déjà, faire la place au bébé à venir pour qu'il ait envie de venir ? Fichue idée que celle du troisième désir.
Faut-il arrêter d'y penser comme une obligation, se préparer à embrasser d'autres projets, pour que le renoncement éventuel ne nous tue pas ?
Arriver à faire les deux à la fois me paraît tenir de la prouesse, ou alors de la schizophrénie.
    

Elle est horrible cette photo, non ? Elle m'a tellement choquée que je l'ai mise.
   
par Mitzie publié dans : Trop de questions
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Vendredi 24 août 2007
Mitzie : T'y mets pas du tien, quand même.
Vagin : Ben quoi, quand j'ai pas envie, j'ai pas envie.
Mitzie : Oui mais après c'est bien, non ?
Vagin : Oui, oui, mais bon... tous ces efforts... c'est trop difficile.
Mitzie : Ah ben faut ce qu'il faut.
Vagin : Des fois je préfèrerais regarder la télé.
Mitzie : ...
Vagin : Enfin je me comprends.
 
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Vagin : Pourquoi tu me râpes le bout avec ton papier tout rêche ?
Mitizie : Tu coules sans arrêt, c'est cracra. J'ai pas envie de porter des protège slips vingt jours par mois.
Vagin : Ben pourquoi pas ?
Mitzie : Si je comprenais pourquoi, peut-être que j'accepterais.
Vagin : Si t'acceptais peut-être que tu comprendrais.
Vagin : C'est nul de te venger sur moi, j'y suis pour rien.
 
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Mitzie : Jte préviens c'est la rentrée on va recommencer les examens.
Vagin : Oh non les boules.
Mitzie : C'est clair mais bon - que faire d'autre.
Vagin : Jte préviens j'ai une limite à ce que j'accepte de laisser rentrer alors yen a un qui sera ptet pas content après.
Mitizie : C'est pas du tout pareil ! C'est pas juste de le brimer !
Vagin : Mon intérieur, c'est mon intérieur. Défense d'entrer !
Mitzie : Tu es fait pour laisser les choses rentrer et sortir.
Vagin : ... M'en fous. Je veux qu'on arrête de m'embêter.
   
par Mitzie publié dans : Chroniques du vagin
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Jeudi 23 août 2007
Une fois n'est pas coutume, un jeu de la blogosphère : J'ai commenté un post d'Otir où elle répondait à 5 questions, elle a donc du me poser à son tour 5 questions (5 en théorie mais j'en ai eu beaucoup plus !) Voici mes réponses. Si vous commentez ce message, même si c'est seulement pour dire bonjour, ou bien hey c'est crétin tes réponses, je vous concoterai à mon tour 5 questions, auxquelles vous répondrez, et la chaîne continuera !
  

 

Est-ce que tu aimes la hauteur ? Quels sont tes sports préférés ?
Quelle drôle de question ! Eh bien, pas du tout en fait. Je suis du genre à avoir le vertige en montant sur un tabouret. Et je déteste le sport, la performance, la douleur physique. Par contre j'aime bien faire de l'activité physique, mais à mon rythme, et sans chronomètre ni adversaire ; c'est pour ça que je fais du taiji chuan ! J'ai essayé aussi le yoga, mais le taiji me convient mieux. Pour l'instant je n'envisage pas d'arrêter un jour. J'aime bien aussi marcher, nager et faire du vélo, mais doucement, tu l'auras compris...
 
Aimerais-tu faire un livre de ton histoire d'attente ? Penses-tu que cela puisse aider d'autres couples qui traversent la même frustration ? Envisagerais-tu de le faire uniquement si le dénouement est dans un sens ou dans l'autre ?
Ça m'a effleurée, car d'autres blogueurs l'ont fait. Ces deniers mois j'ai épluché tous les bouquins, sites, blogs et forums qui me sont tombés sous la main sans trouver ce que je cherchais. Même si certains m'ont intéressée ou aidée, j'ai trouvé tout trop technique, trop orienté médecine, trop obsessionnel, trop lourd, pas adapté à mes réflexions, sans réponse à mes questions. Alors j'y ai pensé. Jusqu'à ce que je comprenne que ce que je cherchais, c'est me détacher de l'attente, de tout ça, et que le chercher dans un livre sur le sujet c'était probablement contradictoire. Alors je crois qu'écrire un livre sur la question, me replonger dans ma souffrance pour la mettre en mot, revivre toutes les étapes franchies jusqu'à maintenant, c'est complètement contraire à mon but initial ! Et le jour où je serai sortie du problème, que ce soit par une grossesse, par une autre maternité, ou par un renoncement, je pense que je ne voudrai pas m'y replonger. Ou alors ça sera un petit livre tout léger qui ne parlera que vaguement du sujet, qui lancera des réflexions, et qui ne contiendra pas d'informations concrètes. Et de manière plus prosaïque, je ne sais pas si je suis capable d'écrire un bouquin, même si j'en ai au moins deux dans la tête en forme d'idées...
  
Sans le dévoiler, peux-tu dire de quoi tu as choisi de parler sur ton blogue qui n'est pas anonyme dont tu ne parles absolument pas sur l'autre ?
Eh bien sur mon autre blog je parle de là où je vis et de ce que je fais, alors qu'ici je ne parle quasiment que de ce que je pense et ressens. L'autre est mon extérieur, celui-ci est mon intérieur. L'autre ressemble à ce que les gens qui me cotoient dans la vraie vie connaissent de moi, celui-ci... je sais pas :-).
  
A quel moment écris-tu dans ton blogue ?
Ça c'est une excellente questions, puisque j'ai dû pas mal réfléchir avant de répondre. Je crois que j'écris quand je n'arrive plus à gérer mes pensées, quand des questions me tournent dans la tête en boucle. Ce n'est pas forcément quand je suis le plus triste. Quand je n'écris pas, j'y pense quand même, mais pas tant que ça, ça ne m'obsède pas. Quand j'écris, je ne ressens pas de soulagement immédiat. Mais souvent dans les jours qui suivent je m'aperçois que mes pensées sont moins présentes ou moins désordonnées, ou alors qu'elles ont changé de sujet et que je dois donc écire à nouveau.
   
En conclusion, Otir j'ai trouvé tes questions très pertinentes (la première étrange j'aimerais bien savoir qu'est-ce qui l'a inspirée !) et j'ai aimé y répondre. Je crois que ce jeu est très narcissique car il force quelqu'un à nous porter de l'attention - puisqu'il faut bien avoir une vague idée sur la personne avant de lui poser les questions, donc jeter un oeil à son blogue. Et ça marche, je suis très flattée d'avoir été questionnée par Otir et mentionnée si gentiment sur son blog ! J'espère que certains auront envie de mettre un commentaire ici. Même si vous passez longtemps après la date d'édition, vous pouvez toujours.
  
par Mitzie publié dans : Blogueries
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Mercredi 25 juillet 2007
A présent il me tarde le rendez-vous de septembre, mais ce n'est même plus pour l'infertilité ; je crains pour ma santé. Ces saignements de deuxième partie de cycle qui empirent et deviennent de gros caillots noirs ne laissent rien présager de bon... Arf, au moins, si les symptômes deviennent plus francs, ça sera probablement plus facile à diagnostiquer.
Quant à tomber enceinte sans aide, soyons honnête, ce n'est plus d'actualité.
 
J'ai du mal à me visualiser enceinte ces derniers temps.
Peut-être parce que nous avons beaucoup parlé et réfléchi à l'adoption. Je vois bien qu'Ernest n'est pas prêt, moi non plus d'ailleurs, on en avait déjà parlé. Mais j'ai ramené le sujet sur le tapis parce que ça ne se réfléchit pas du jour au lendemain, et comme la procédure dure des années autant commencer aussi tôt que possible si jamais la médecine ne nous propose pas de solution. J'espère que ça lui trotte dans la tête au moins un peu. Déjà il est plutôt ouvert à l'idée, donc c'est bien. Mais il trouve que c'est trop tôt et il n'a pas l'habitude, contrairement à moi, de réfléchir aux problèmes avant qu'ils se présentent.
 
Pour moi ce n'est pas du défaitisme ni un abandon, c'est aller de l'avant, c'est s'ouvrir des portes.
   

   
Je n'ai pas envie de sortir usée de cette aventure, et d'arriver à l'adoption totalement par défaut. Même si bien sûr ça ne me serait pas venu à l'idée si j'étais tombée enceinte rapidement, je voudrais prendre cette décision dans l'enthousiasme, et pas dans le rush d'un ultime (dés)espoir. Il faut garder des forces pour cette aventure, pour tenir sans trop s'attarder aux difficultés et aux questions existentielles qu'un tel parcours implique.
 
Je souhaite qu'en septembre on me trouve rapidement un petit kyste mal placé, qu'on me l'enlève, que mes cycles redeviennent normaux et que je tombe enceinte deux mois après.
Mais si ça ne se produit pas comme ça, je ne voudrais pas me battre comme le font certaines. Ernest le sait, et il est d'accord sur le principe. J'espère que ça sera aussi facile à trancher quand on passera à la pratique. J'espère qu'on ne restera pas trop dans le flou. C'est tellement plus confortable d'avoir un but qu'on sait qu'on peut atteindre.
   
par Mitzie publié dans : Adoption
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