Dimanche 9 septembre 2007
MarieSB a commenté mon billet du jeu des 5 questions ; conformément à la règle, je dois donc lui poser 5 questions à mon tour. Pas évident, car Marie n'a pas de blog, du moins a ma connaissance, et je ne connais d'elle que quelques fragments de vie disséminés dans les commentaires, son désir d'enfant, et son désir d'expression, même s'il n'est pas encore allé jusqu'à ouvrir son propre blog, il prend certainement d'autres chemins.

Donc Marie voici mes questions. Tu peux y répondre en commentaires, ou bien pour que ce soit plus joli tu peux me les envoyer par mail pour que je les publie, ou ouvrir un blog pour l'occasion, ou encore ne pas répondre, bien sûr, car ceci n'est qu'un jeu !
 
1. Qui es-tu, MarieSB ?
 
2. As-tu déjà acquis ou préparé quelque chose pour tes futurs enfants ? Quoi et pourquoi ?
 
3. Que viens-tu chercher sur les blogs ?
 
4. Aimes-tu les chats ?
 
5. Es-tu d'accord avec l'adage "Tout ce qui ne vous tue pas vous rend plus fort" ?
   
par Mitzie publié dans : Blogueries
ajouter un commentaire commentaires (1)    recommander
Samedi 8 septembre 2007
En été 1994, j'avais donc presque quinze ans, on étais partis à la mer une semaine, et le premier samedi soir, je me revois un appartement de location sombre, j'ai trouvé du sang dans ma culotte. Ma mère a soupiré et m'a dit quelque chose comme "ah, il fallait bien que ça arrive", et qu'à son époque on mettait une claque aux filles ce jour là, que je ne sais plus qui (elle ?) racontait toujours comme ça l'avait choquée. Elle n'avait rien prévu (pas très malin, avec une fille de 14 ans, si ?), et comme elle mettait des tampons elle n'avait pas de serviette à me donner. Je crois qu'elle m'a donné un protège-slip et le dimanche on a dû aller à la pharmacie de garde acheter un paquet de serviettes énormes (depuis je me demande toujours pourquoi les pharmacies n'ont pas les serviettes ultra-fines modernes que tout le monde porte ??).
   

   
Je ne me souviens pas de grand chose d'autre, de ce que j'ai ressenti à ce propos ce jour là où par la suite. Au lycée, à peu près toutes les filles les avaient déjà, mais comme j'étais un peu plus jeune que le autres je ne me faisais pas spécialement de souci. D'autant plus que pour ce que j'en savais, c'était une source d'embêtement, un boulet que j'allais devoir trainer toute ma vie de femme. Ma mère me disait que quand ça commencerait, je n'aurais pas fini de souffrir, que ça arrivait toujours quand tu avais quelque chose de prévu comme un mariage ou une semaine à la plage, et que ses grossesses avaient été les seuls moments de répit, où, bonheur, elle n'avait enfin plus mal à la tête pendant plusieurs mois d'affilée. Ingratement je lui en veux toujours un peu d'avoir été si démunie ce jour là, à la fois matériellement et psychologiquement, et de ne pas m'avoir communiqué la moindre chose positive à ce sujet.
 
J'y ai souvent repensé depuis, en me disant que je ferais différemment avec mes filles. Dans mon envie d'avoir une fille je pense en particulier à ce jour où je pourrai la féliciter, lui dire bienvenue dans la communauté des femmes du monde, essayer de lui communiquer le bonheur et la fierté d'être une femme (ce n'est certainement pas si simple de parler à une adolescente, surtout quand on est pas soi-même super à l'aise sur le sujet, mais laissez-moi mes rêves). Si je n'ai pas de fille j'espère que j'aurai une filleule ! J'aimerais aussi que ce soit l'occasion - peut-être pas ce jour là, mais par la suite - de parler de sexualité, et de connaissance de son corps, de son fonctionnement, mais dans le ressenti, pas dans la mécanique ! Je connaissais le mécanisme de la reproduction mais j'étais incapable de relier ça aux sécrétions abondantes qui sortaient de moi et que je trouvais sales, par exemple. Les quelques fois où j'en ai parlé à ma mère, il me semble qu'elle m'a répondu qu'un peu c'était normal et que si c'était trop je devrais aller voir un médecin. Je connaissais l'existence d'un cycle féminin en théorie, mais je ne le "vivais" pas, j'étais complètement inconsciente des changements cycliques de mon corps, mis à part ce sang qui revenait. Et ça a duré jusqu'à... mes 25 ans, à vrai dire.
 
J'étais pourtant aussi bien informée que possible, je n'avais pas l'impression qu'on me cachait quoi que ce soit, mais comme sur la sexualité, et comme sur à peu près tout je pense, les informations théoriques ne sont pas d'une grande aide - il suffit de penser à ce que vous avez retenu de votre scolarité. La réalité, les expériences, les témoignages, les discussions, les exemples, il n'y a que cela qui enseigne finalement. Comment j'ai fait pour ne pas en discuter avec une seule copine, cousine, tante en dix ans, c'est ce que je me demande. Je déplore que personne n'ait été là pour m'ouvrir les yeux sur ce sujet. Et merci internet et les forums, puisque finalement, à 27 ans, je vis enfin mon cycle, et même si parfois (souvent) ça me désespère, il fallait peut-être en passer par là.
   
par Mitzie publié dans : Cailloux
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Vendredi 7 septembre 2007
Quand j'étais en première j'avais une prof de français exceptionnelle, une petite bonne femme avec un cheveu sur la langue et une personnalité qui en imposait à tout le monde. Une fois j'ai eu une très bonne note à un commentaire composé, du coup elle a rajouté ce texte à ma liste de textes pour l'oral, j'en avais un de plus que tout le monde.
 
Quand j'étais en première (eh oui à cet âge les années se comptent plutôt en scolaires...) j'ai aussi commencé un journal intime, sur l'exemple d'une amie. C'était dans un agenda macdonalds, et j'y parlais essentiellement de mon incapacité à travailler (déjà), des devoirs pour lesquels je ne semblais jamais prête, de la tonne d'"interros" qui nous tombait dessus sans arrêt, des notes discutées au quart de point refusé honteusementdu prof de physique si chou avec ses cravates à hippocampes et de disputes idiotes entre copines.
   

   
Mais parfois je partais aussi dans de grandes envolées sur ce que je voulais faire plus tard (en gros être une deuxième Marie Curie !), sur les gens que j'admirais, sur ma frustration de n'être qu'une tout petite chose "moyenne en tout" et de prendre des autres plus que je ne donnais. A l'époque j'étais envahie par le sentiment désespérant de n'avoir rien à donner, à apporter, à personne, parce que j'étais trop jeune et inexpérimentée, que je ne savais rien faire de spécial, je me sentais un poids pour tous ces gens que j'adorais, mes parents, mon parrain, je ne pouvais leur rendre tout ce qu'ils me donnaient.
Ca a changé un peu depuis que je suis adulte et que j'ai Ernest, mais cette sensation me revient parfois en présence de gens que j'admire. J'aime bien relire ce premier journalje m'y retrouve complètement, il y a de petites touches d'humour, beaucoup de naiveté bien sûr... on ne change pas comme dirait Céline Dion. J'ai continué longtemps sur le même ton, avec de grandes périodes de trou, et j'en ai rempli deux autres cahiers. Depuis que j'ai ce blog, je n'y écris quasiment plus, c'est un tort.
   
par Mitzie publié dans : Cailloux
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 6 septembre 2007
Parfois comme je travaille, lis et regarde la TV en anglais, je me mets à penser en anglais, et à me parler en anglais à moi-même. Ca me fait plaisir, et peut-être que les limitations de mon vocabulaire et des expressions idiomatiques que je connais forcent mon esprit à être plus synthétique. Depuis hier j'ai une phrase qui me trotte dans la tête :
 
I'm losing it.
 
Ce matin, comme beaucoup, je sursaute en levant le nez de mon livre, et en me rappelant que j'ai un boulot, et que la fiche de paie que je reçois chaque mois justifie au moins que je bouge mes fesses jusqu'à mon bureau même si c'est pour y faire des choses que ma conscience professionnelle m'interdit d'écrire (mais pas de faire, hypocrite va). Une fois j'ai rêvé que j'oubliais complètement d'aller au boulot, et que je croisais par hasard ma chef dans la rue, et avant que j'aie pu m'excuser elle lachait des tigres sur moi. Un jour ça finira par arriver en vrai (d'oublier d'aller au boulot, pour les tigres espérons que non).
 
I'm losing it.
 
Je pousse un énorme soupir, en pensant aussi au rapport sexuel qu'on DOIT avoir dimanche soir tard dans la soirée alors que moi le soir je m'endors et que dimanche, bon, OK, on va essayer, mais je sais pas si j'arriverai à avoir envie moi.
 
I'm losing it.
 
Je me dis que ce n'est pas possible, qu'une de ces deux choses au moins va craquer dans ma vie et que je devrais peut-être anticiper avant d'en être malade. Je ne peux pas vivre éternellement en attendant d'être virée alors qu'il serait si simple de refuser la prochaine reconduction de mon contrat. Je ne peux pas non plus vivre avec cette haine de ce que je suis obligée de faire pour atteindre un but que du coup je n'ai plus envie d'atteindre, et que donc je n'atteindrai probablement pas comme ça.
 
I'm losing it.
 
Ce matin j'ai trouvé ce que j'ai perdu (ha). J'ai perdu l'envie parce que je suis empêtrée dans le maintenant. J'ai voulu arrêter de souffrir de l'attente, et j'ai essayé de vivre davantage dans l'immédiateté. J'ai réussi. Mais tout est une question d'équilibre et je suis allée trop loin. Je ne pense plus enfant mais fécondation. Je pense plus grossesse mais suivi médical. Je ne pense plus à trouver ma voie mais je travaille jour par jour en m'accrochant à l'idée de l'argent que j'épargne tous les mois. J'essaie de ne pas regarder au loin pour ne pas paniquer mais du coup je ne sais plus où je voulais aller.
    

     
Je veux retrouver le cap. Il faut que j'en parle à Ernest, qu'on se remette à avoir des discussions positives, mais sans retomber dans l'attente obsédante et douloureuse. Que ces tribulations médicales reprennent la place d'accessoire qui devrait être la leur. Que je fasse de mon boulot une expérience au lieu d'attendre qu'il me glisse dessus. Je ne sais pas trop comment faire mais c'est déjà pas mal de savoir ce qu'il serait bon de faire !
par Mitzie publié dans : Spontanément
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 5 septembre 2007
Le samedi matin je vais au lycée en voiture, je conduis en conduite accompagnée, avec mon père car ma mère a trop peur quand je tiens le volant. Je déteste conduire, c'est un vrai calvaire. Si mes parents ne m'avaient pas forcé, je n'aurais jamais appris, évidemment aujourd'hui je leur en suis reconnaissante.
 
A cette époque, point de vie en dehors du lycée, mes souvenirs ne se rapportent quasiment qu'à lui.
 
Terminale, la philo, une petite prof rigolotte aux cheveux rouges et aux lunettes excentriques se fout de moi parce que je suis bien gentille et sage et appliquée mais immature. Je suis très vexée, mais j'aime ses cours bien que je me colle toujours des notes moyennes et des appréciations moqueuses. Je découvre la psychanalyse, on parle science, religion, sociologie, rapports humains, c'est passionnant. Une année de découverte parfaitement réussie, les horizons qu'elle m'a ouverts je les explore encore aujourd'hui.
   

Encore un magnifique dessin de Cécile Veilhan
 
   
Les oraux du bac, je stresse à mort (si j'avais su que je subirais ce stress pendant deux ans non stop, deux fois par semaine ; tiens pour les années 97 et 98 je n'ai pas parlé du colloscope, j'aimais bien ce mot). La prof d'allemand est tellement en retard que j'arrive en retard à l'oral de latin qui était pourtant programmé très longtemps après. Du coup pas le temps de stresser à nouveau. L'examinatrice est tellement gentille que c'est un plaisir.
 
Le dernier jour du bac j'ai oublié ma carte d'identité, ma mère qui m'accompagnait était folle de rage, on a fait l'aller-retour sur les chapeaux de roues... heureusement on avait pris de la marge et j'ai été à l'heure quand même.
 
Je me souviens des résultats, j'étais dans un carton à part, où il n'y avait qu'un tout petit tas. La jeune femme qui me l'a donné était toute souriante, j'avais l'impression d'être spéciale, ça m'a fait plaisir.
  
par Mitzie publié dans : Cailloux
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus