Mardi 27 novembre 2007
Nouvelle ville, nouvel appartement, nouvelle chambre, nouveau collège.
Les premiers jours je fais la connaissance de celle qui va devenir ma "meilleure amie" comme seules peuvent l'être deux filles de cet âge. Ensemble on gloussera en se pâmant devant notre prof d'histoire-géo qui nous fait penser à Indiana Jones parce qu'il descend à grandes enjmabées risquées par la pelouse au lieu de prendre le chemin.

Il y a une grande qui m'embête, elle s'appelle Nora, elle a des cheveux noirs de sorcière et la bouche de travers. Elle essaie toujours de me piquer mon goûter, et me traite de croque-mort parce que je porte souvent des joggings foncés. Je me débrouille en faisant des détours dans les couloirs pour l'éviter, je ne la vois pas très souvent heureusement.
Avec le recul, j'avais un look tellement naze à l'époque que c'est un miracle que je ne me sois pas fait emmerder davantage dans ce collège pourri où régnait la racaille. Je crois que mon ego surdimensionné y est pour quelque chose :-). Bombes lacrymos régulièrement, dégradations, racket, drogue, c'était la banlieue pas encore aussi dure qu'aujourd'hui mais ça commençait. Ca allait, avec mes copines multicolores j'étais encore dans le monde de l'enfance et j'ai traversé ces années dans l'insouciance la plus totale. Ma soeur a bien trinqué quelques années ensuite.
En sport, on fait piscine. A la première séance, je porte un slip de bain uniquement. Il me semble que quelqu'un devait nous donner un maillot une pièce et qu'il n'était pas encore arrivé, ou quelque chose comme ça. Je crois que sur le coup je n'ai pas réalisé qu'on me regarde bizarrement. Mais des années plus tard, je suis atterrée que ma mère m'ait laissé y aller comme ça. C'est pour moi la manifestation - maintenant évidente - de notre inconscient à toutes les deux : elle voulait un garçon, et j'ai mis des années à réaliser au plus profond de moi-même que je n'en étais pas un.


