Ma petite soeur nait, je n'ai pas encore trois ans. C'est mon plus ancien souvenir conscient et non rappelé par une photo ou un récit : ma mère est dans un lit d'hopital, avec son plateau repas, elle a l'air contente de me voir. Je grimpe sur son lit, et lui prend sa vache kiri. Mon père me gronde, elle n'a déjà pas grand chose à manger, je dois lui laisser sa vache kiri, et puis j'ai déjà mangé. Stupeur : c'est ma maman, elle me donne tout ma maman, comment pourrait-il en être autrement ? Effectivement, elle me la laisse, disant qu'elle n'a pas faim, ouf.
Point de petite soeur dans ce souvenir ; bien que sa naissance m'ait marquée, elle ne devait pas être très intéressante...
par Mitzie
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Je suis à l'école. Je me rappelle qu'aux récrés les maitresses distribuent des jouets exceptionnels comme des tricycles et des ballons sauteurs. Mais comme tout le monde se précipite dessus en criant, je ne vais même pas demander. Je reste assise au bord de la grille il me semble. Ces ballons sauteurs, je les regarderai comme un luxe pendant des années. Récemment je me suis aperçu que ce n'était pas si cher que ça, j'ai été presque déçue.

Pour Noël ma tante et mes cousines sont là. Ma mère m'a dit qu'elle offrait un bougeoir à ma tante. Je n'ai pas pu me retenir de l'avouer à ma tante, qui est aussitôt allée le dire à ma mère. Ma mère était déçue et moi très honteuse.
par Mitzie
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A l'école il paraît que je m'ennuie un peu. Je me souviens juste que je sais lire et que du coup j'ai oublié comment ça faisait de ne pas savoir. Je n'arrive pas à comprendre pourquoi les autres luttent autant pour lire la date du jour, ils ne voient donc pas que c'est écrit lundi ?
Ca doit être cette année là que je pars en classe verte, je tombe malade et je vomis partout dans le couloir en essayant de trouver la maîtresse mais le couloir est si grand, je ne trouve pas, je ne sais plus où est sa chambre ou peut-être que je n'ose pas y aller, je reviens dans mon lit et me rendors. Le lendemain, j'ai le droit de rester au lit et tout le monde enjambe le vomi d'un air dégouté pour sortir de la pièce.
par Mitzie
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Cette année là je fais une année coupée en deux : moitié maternelle, moitié CP. Je ne sais pas comment les maîtresses ont manigancé ça, ce ne serait probablement plus possible aujourd'hui, mes parents n'ont rien demandé, rien signé. L'arrivée en CP est un peu difficile, je suis en retard en écriture, les autres en sont déjà au son "euil", et il faut travailler le soir.
Pour Noël, il me semble que c'est celui là, j'ai une peluche de personnage d'un dessin animé dont j'ai aujourd'hui oublié le nom, mais un bougon. Alors que ma soeur a eu un popples ! Je suis vraiment, mais vraiment dégoûtée, et des larmes me viennent aux yeux. Pourquoi diable mes parents ont-ils choisi ce Gruffy qui fait la tronche ? Mais enfin, je reste digne, ravale mes larmes et ne me plains pas. Je me rappelle de l'énorme effort d'abnégation que cela m'a coûté ! Des années après, ma mère a bien rigolé en apprenant ça et a dit que ma déception s'était vue comme le nez au milieu du visage et qu'ils avaient été très embarrassés. Finalement j'ai pardonné à Gruffy après quelque temps, après tout c'est pas sa faute s'il est triste, mais bon quand même.

par Mitzie
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C'est cette année là que je commence à porter des lunettes. Elles sont roses et ajoutent à mon côté intello. Je me mets au premier rang car je n'y vois pas très bien ; j'y resterai des années.
Le livre de lecture parle d'un petit garçon qui fait connaissance d'une fille qui vit avec un cirque ambulant. Elle lui apprend à faire des sauts périlleux. J'adore cette histoire, et je prends souvent une page d'avance en lisant dans ma tête aux séances de lecture, même si de toute façon j'ai déjà lu la totalité du livre chez moi. Une fois la maîtresse m'interroge alors que j'ai complètement perdu le fil, je suis obligée de revenir à la page d'avant, les autres rigolent.
Un ptit coup de google et je l'ai retrouvé : Le cirque Zigoto, par P. J. Bonzon
Pendant les vacances, à un des sempiternels grands repas de famille, on voit nos cousins, tout un groupe à peu près du même âge. Mais il y a des disputes entre les deux autres familles ; nous sommes au milieu, et devons choisir notre camp.
Le troisième oncle n'a pas d'enfant à ce moment là. On apprendra plus tard que ce n'est pas faute d'essayer, et après un parcours de PMA de plusieurs années, ils adopteront trois petites filles, une venant de France et deux d'Haïti, mes ptites cousines adorables que je vois trop rarement. Je me dis maintenant que ça devait les gaver grave tous ces enfants autour d'eux. Et je frémis en repensant à tout ce que j'ai entendu sur eux, que ma tante était trop à cheval sur le ménage, qu'elle serait obligée de mettre de l'eau dans son vin... Ils avaient une collection de cassettes vidéo Disney incroyable alors on était toujours fourrés chez eux... je pense qu'ils ont dû prendre sur eux énormément. Je leur en parlerai peut-être un de ces jours.
par Mitzie
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